Si vous pensiez que le Gin vient des Pays-Bas ou encore qu’on cultive des baies de genièvre pour sa fabrication, vous faites fausse route…

Jared Brown, véritable historien du gin, auteur et maître distillateur au sein de la maison Sipsmith, a rédigé une liste de 50 choses à impérativement savoir à propos de ce spiritueux. Certaines de ses anecdotes sont plutôt surprenantes. Mais avant de les lire je propose un petit point préalable sur la confection du gin, ça nous fera pas de mal.

Le gin est obtenue à partir d’un alcool neutre, le plus souvent un alcool de grain (orge, seigle ou blé par exemple). Cet alcool est ensuite mélangé à des baies de genièvre et à des ingrédients botaniques naturels tels que la coriandre, les zestes de citron (jaune ou vert), la cannelle, la cardamome ou encore le concombre pour le Hendrix. Le type des ingrédients botaniques dépend du choix des producteurs et le nombre de parfum diffère d’un gin à l’autre. Certains gins peuvent comporter plus de 50 ingrédients botaniques. Les recettes sont évidemment gardées secrètes par les maisons de production. Légalement ils doivent néanmoins tous contenir des baies de genièvre. Il existe différents types de gin. Le Distilled Gin, le London Dry Gin et le Compound Gin sont les plus connus. Le London Gin ne doit pas son nom à son lieu de fabrication mais au processus de fabrication utilisé. Contrairement aux autres gins il ne contient ni parfum, ni colorant supplémentaire. Quelque soit la méthode utilisée, la fabrication du Gin se compose de trois étapes essentielles.

  • La première étape consiste à produire un alcool de grain dans un alambic à colonne. L’alcool alors obtenu est sans réelle saveur et sa teneur en alcool est élevée (jusqu’à 96%).

  • Dans un second temps, l’alcool de grain est une nouvelle fois distillé en y ajoutant les ingrédients botaniques. C’est lors de cette phase que s’établie la distinction entre les différents types de gins. Dans le cas du Compound Gin, tous les ingrédients botaniques sont mélangés à l’alcool de grain dans un alambic. De l’eau est ajoutée par la suite. Pour les gins de qualité supérieure comme les Distilled Gins et London Dry Gins, les ingrédients botaniques sont suspendus dans un petit panier dans le haut de la colonne de l’alambic. Ce procédé permet de rendre légèrement plus subtil l’arôme des ingrédients botaniques. Seul le distillat pur est utilisé. Il est séparé du reste du distillat afin de conférer au gin sa saveur et ses arômes intenses.

  • La troisième étape consiste à ajouter de l’eau tout en respectant des obligations légales strictes afin d’atteindre un degré d’alcool d’environ 40%.

La plupart des gins ne nécessitent pas de passer par un processus de vieillissement. Maintenant que vous êtes rodés sur les procédés de fabrication des différents gins, il est enfin temps de passer à ses fameuses anecdotes relatées par Monsieur Jared Brown. En voici quelques unes des plus surprenantes :

  1. En 1726, Londres disposait de 1500 ateliers de production de gin et l’on pouvait en acheter dans 6 287 endroits différents rien que dans la ville.

  2. Le gin mélangé au jus de tomate était à la mode à New York peu avant les années 1930’s, longtemps avant que le Bloody Mary, à base de vodka, ne fasse son apparition dans les livres de recettes. Ce cocktail servait notamment de cure « anti gueule de bois ».

  3. La quasi-totalité des baies de genièvre utilisées dans la confection des gins sont d’origine sauvage.

  4. Alors que les matelots de la flotte britannique recevaient une ration quotidienne de rhum, les officiers eux recevaient chaque jour une ration de gin. #uplevel

  5. Faits peu connus : la meilleure façon de comparer deux gins est de les boire à température ambiante, diluée avec une quantité d’eau égale. Cela relèvera à la fois les leurs qualités et leurs défauts.

  6. Le pays dont la consommation de gin par habitant est la plus élevée au monde est : les Philippines. Avec environ 1.5 litre consommé par an par habitant.

  7. La baie de genièvre n’est en fait pas une baie… c’est une graine. Voila. Je vous laisse aller voir la différence qu’il existe entre les baies et les graines.

  8. Le Gin Tonic a d’abord gagné en popularité dans les colonies britanniques. La quinine contenue dans l’Indian Tonic a en effet des vertus efficaces contre le paludisme. Seulement, son goût est si amer qu’on a décidé à l’époque de le mélanger avec de l’eau gazeuse, du sucre et du citron. Pour couronner le tout on a ajouté un peu de gin. Et oui, sinon les colons oubliaient de consommer leur dose de quinine et n’étaient plus protégés… sacrés British !

Sláinte !

Spirit's Trip

Rédigé par Alexandre Cavalié le 09 Jan 2017

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